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« L’Art de célébrer la messe »

Jamais un Concile avant celui de Vatican II (1963 – 1965) n’avait consacré à la liturgie un document spécifique. C’était la première fois qu’une assemblée traitait de la liturgie dans son ensemble, de ses principes bibliques et théologiques, ainsi que des aspects concrets de la célébration et de la pastorale. Le Concile Vatican II “estime qu’il est de son devoir, à un titre tout particulier, de s’appliquer à restaurer et à promouvoir la liturgie” (constitution sur la Liturgie).
Les Pères conciliaires n’ont pas introduit de discontinuité dans la liturgie, au contraire : “Tout en conservant soigneusement la substance des rites, on les simplifiera ; on supprimera ce qui, au cours de siècles, s’est introduit comme doublets et ce qui a été ajouté sans grande utilité ; on réintroduira, selon l’ancienne norme des saints Pères, certains éléments tombés en désuétude sous les atteintes du temps. » (SC 50).
Le Pape Pie X (1903) constatant le peu d’intérêt des prêtres et des fidèles pour la liturgie, les invite à une participation active par le chant, puis il incite les fidèles à la communion fréquente, enfin encourage les enfants à communier dès l’âge de raison.
Pour permettre aux fidèles de mieux participer à l’eucharistie, dans la première moitié du 20ème siècle, de nombreux missels des fidèles sont publiés.
Pie XII encourage la messe dialoguée avec chants, en 1958, il autorise la proclamation la Parole de Dieu au cours de l’Eucharistie dans la langue du pays…
Pour les Pères Conciliaires (1963-1965), le but essentiel de l’Église est de faire participer les croyants au mystère pascal, mystère qui se manifeste et qui est mis en œuvre d’une manière plénière lorsque l’Église est convoquée en assemblée liturgique, spécialement le jour du Seigneur pour la célébration eucharistique, source et sommet de la vie chrétienne.
En 1975, le Vatican publiait une Présentation Générale du Missel Romain qui tenait compte de toutes les demandes du Concile et des recherches liturgiques de ces cents dernières années.
En 2002, le Vatican publiait une nouvelle édition de la Présentation Générale du Missel Romain (PGMR), elle vient d’être traduite en français et est parue sous le titre “L’Art de célébrer la messe”.
Le titre principal en dit long sur la manière de célébrer l’Eucharistie : c’est un art ! Oui, un art qui ne relève pas de l’improvisation ou de l’approximation, mais d’une intelligente rigueur pour bien faire ce que l’Église fait quand elle célèbre.
On entre dans ce texte en lisant une belle préface de Mgr Robert le Gall, actuel Président de la Commission épiscopale francophone pour les traductions liturgiques, nous invitant à redécouvrir l’art de célébrer la messe.
« On entre guidé dans la liturgie : les rites nous sont donnés ; il convient de les respecter, car nous n’en sommes pas maîtres. Les communautés chrétiennes, comme les célébrants eux mêmes, ont besoin d’être formées, introduites aux formes et aux fondements des actes liturgiques, sans jamais sacrifier les unes aux autres ou réciproquement. »
Il y a peu de changements entre la nouvelle (2002) et l’ancienne (1975) édition de la Présentation Générale du Missel Romain. Toutefois, la nouvelle PGMR insiste sur la revalorisation du silence, la “noble simplicité” des attitudes et des gestes dans la liturgie. Pour la première fois, la possibilité de communier dans la main est clairement spécifiée, la possibilité de communier au calice a été très largement étendue. Enfin, le rôle de l’évêque comme surveillant et promoteur de la liturgie est renforcé (le chapitre 9 est consacré aux adaptations qui relèvent des évêques et de leurs conférences). Enfin d’une manière plus pratique, la PGMR rappelle l’importance d’utiliser les textes officiels du Gloria et du Credo.
“Lire cette Présentation, la faire lire, la comprendre et l’expliquer, pour la mettre en pratique” (Mgr Le Gall) nous permettra de réviser nos pratiques liturgiques de façon à évaluer ce qui est en train d’advenir dans notre pastorale comme expression liturgique et comme pratique de l’eucharistie. Lire et relire cette présentation du missel romain peut insuffler un nouveau dynamisme liturgique dans la mesure à l’on ne s’enfermera pas dans la comparaison des rubriques d’hier et d’aujourd’hui sans les remettre dans la perspective générale de cette présentation.
Par Bernard de Chasteigner, curé de la paroisse de 2004 à 2010
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