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Le tympan |
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Au sommet du tympan, on peut voir le Christ assis, avec à sa droite, la Vierge, et à sa gauche, saint Jean. C'est le Christ victorieux de la mort qui est représenté, avec le nimbe crucifère autour de la tête, qui revient « juger les vivants et les morts ». La Vierge et saint Jean, un genou à terre, se prosternent devant lui. Derrière chacun,un ange porte les attributs de la Passion du Christ : la Couronne d'épines (l'ange derrière la Vierge) et les clous et la lance (l'ange derrière saint Jean). Logiquement, on retrouve en dessous, sur le linteau, le jugement dernier.
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Au milieu, juste sous le Christ, est représentée la pesée des âmes, entre l'archange saint Michel et Satan. Celui-ci, aidé de 2 démons, s'efforce de faire pencher la balance de son côté. Derrière saint Michel, une longue file d'élus parmi lesquels on retrouve les fondateurs des principaux ordres religieux existant au XIIIe siècle : saint Benoît (les bénédictins), saint Bernard (qui n'est pas le fondateur mais qui a beaucoup contribué à l'essor de l'ordre cistercien), saint Dominique (les dominicains) et saint François (les ranciscains). Vient ensuite saint Louis, que saint Bertrand, en chasuble et en mitre introduit dans le groupe céleste. La présence de saint Louis nous prouve que la construction du tympan est postérieure à 1270, date de la mort du roi. L'important don de Blanche de Castille, mère de Saint Louis, explique la figuration du saint roi sur le tympan. Le groupe des damnés, placé à gauche (cela reprend l'image de l'Evangile où les brebis seront placées à la droite du Christ et les chèvres à sa gauche..), se compose de personnages nus qui se dirigent vers un démon assis sur le dos d'un personnage ayant une bourse suspendue au côté.
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Au dessus du tympan, on peut voir trois voussures sur lesquelles sont représentées 22 personnages. Sur la voussure interne, on retrouve 2 anges, 2 prophètes, Moïse et Aaron. Sur celle du milieu, sont représentés des martyrs, reconnaissables à la palme qu'ils tiennent dans la main. Enfin, sur la troisième et dernière voussure, 8 vierges sont sculptées : la présence des femmes dans l'Evangile étant très importante, on ne peut être certain de ce qu'elles représentent.
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Il s'agit peut-être des vierges sages, des femmes qui suivirent Jésus pendant sa vie publique? Les 6 statues, grandeur nature ou presque puisque chaque statue fait 2 mètres de haut, en dessous représentent des apôtres. A gauche, le plus près du portail, se trouve saint Pierre, reconnaissable, d'après l'abbé Ledru, à la clef, aujourd'hui disparue, qu'il tenait dans sa main droite. Pour l'abbé Branthomme, il ne s'agissait pas d'une clef mais d'une croix renversée. L'un et l'autre sont les attributs de saint Pierre. En fait, il y avait tout un code symbolique dans l'art médiéval qui permettait d'identifier à coup sûr les personnages représentés. Ainsi, chaque saint avait ses attributs particuliers. Par exemple, les apôtres étaient toujours sculptés ou peints, les pieds nus. Saint Pierre avait une barbe courte et drue, tandis que saint Paul, le crâne chauve, avait une barbe plus longue. Saint Pierre tenait aussi souvent une clef, car c'est lui qui est détenteur des clefs du paradis, ou encore une croix à l'envers en référence à son martyre, ou bien aussi un coq, comme celui qui chanta deux fois tandis qu'il reniait le Christ par trois fois au moment de la Passion. De même, les statues de saints foulaient souvent au pied un personnage plus petit. Ce personnage était souvent le bourreau du saint ou la représentation d'un vice contre lequel le saint avait lutté sa vie durant.
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Ainsi, ici, saint Pierre, personnifiant la Foi d'après l'abbé Branthomme (1) foule aux pieds un clerc accroupi : peut-être s'agit-il de Simon le magicien, c'est-à-dire l'impiété. A sa droite, se trouve saint Jacques le Majeur - l'Espérance - qui porte le bâton de pèlerin et le glaive avec lequel il fut décapité sur ordre d'Hérode Agrippa, représenté en dessous. Saint Jean, l'apôtre de la Charité, imberbe, porte l'Evangile dans sa main gauche et toujours d'après l'abbé Branthomme « lève la droite en signe du témoignage qu'il rendit sous l'empereur Domitien dont le visage abîmé exprime la haine ». En effet, saint Jean aurait connu l'exil à l'époque de l'empereur Domitien. Du côté droit, de l'intérieur vers l'extérieur, on peut voir saint Paul avec son glaive : « saint Paul symbolise la Force ; contrairement à l'habitude, il montre levé le glaive de son martyre. Au dessous, peut-être l'empereur Néron, qui se tua pour échapper au supplice, symbolise-t-il la lâcheté. » A sa droite, se trouve saint Matthieu, avec son évangile fermé, dans lequel, plus que les autres évangélistes il a parlé de la prudence. De l'autre main, il aurait tenu la hache qui le fit périr. Au dessous, le roi d'Ethiopie, Hirtace, qui le fit périr, symboliserait la Folie. Le dernier des personnages est plus difficilement identifiable. Pour certains auteurs, il s'agit de saint Jacques le mineur, image de laTempérance, qui laisse à demi déployée un manuscrit et tient le bâton qui servit à l'achever. En dessous, est un personnage mitré : peut-être s'agit il du grand prêtre Ananus qui livra saint Jacques au peuple. Ananus symboliserait ici la concupiscence. Ainsi, on retrouverait autour de la scène du jugement dernier, à travers les apôtres, les trois vertus théologales que sont la Foi, l'Espérance et la Charité, puis trois vertus cardinales : la Force, la Prudence et la Tempérance. L'ensemble des personnages étaient peints, autrefois.
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(1) Henry BRANTHOMME, N.-D. de la Couture (Le Mans)
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